Rencontre avec Séverine Corson, ou l’art d’éditer des livres et des coffrets

Mar 10, 2025

Assurer la direction éditoriale d’une maison d’édition est un métier qui fait rêver beaucoup d’entre nous, mais que se cache-t-il derrière cette fonction ? Séverine Corson, directrice de projets éditoriaux du Lotus et l’éléphant, a accepté de répondre à mes questions.

Passionnée par son métier qui est une véritable vocation, elle partage son quotidien et son enthousiasme pour l’accompagnement des auteur.e.s dans la réalisation de leur ouvrage. Au coeur de la création et du déploiement d’une ligne éditoriale, elle prône la douceur et la confiance mutuelle pour faire éclore les projets.

Généreuse et engagée, elle a créé et développé en quelques années une marque qui compte sur le secteur du développement spirituel.

Rencontre avec cette professionnelle de l’édition qui lève le voile sur son quotidien pour nous permettre de découvrir comment un projet né dans l’esprit de son auteur.e devient un livre imprimé qui aidera les lecteurs et lectrices sur leur chemin d’évolution. 

Séverine Corson, directrice de projets éditoriaux au Lotus et l’Eléphant

Séverine, tu es directrice de projets éditoriaux au Lotus et l’Eléphant. Est-ce que tu peux m’expliquer en quoi consiste ton métier et quelles sont tes missions ? 

Je suis directrice de projets éditoriaux, c’est-à-dire que je suis la directrice de la publication de livres et, à ce titre, je cherche des auteur.e.s, je trouve des thématiques qui peuvent s’insérer dans notre ligne éditoriale. 

Mon métier comprend la formalisation du sujet et du projet en collaboration avec l’auteur.e, jusqu’à la phase de production du livre. Avec l’équipe éditoriale, on travaille toutes et tous au même objectif : obtenir un objet fini avec une certaine pagination, un titre impactant et une couverture illustrée.

En tant que directrice de projets éditoriaux, je suis garante du catalogue de parutions de la maison d’édition et, au même titre que l’éditeur et les éditrices avec lesquels je travaille, je mène également à bien les projets dont j’ai directement la charge, que ce soit en termes éditoriaux et budgétaires.

📚 Les moments-clés de la production d’un livre

La production d’un livre comprend plusieurs étapes successives :

  • la réception du manuscrit finalisé,
  • la relecture par l’éditeur ou l’éditrice,
  • la préparation de copie et la correction par un relecteur-correcteur ou une relectrice-correctrice spécialisés,
  • la mise en page du manuscrit par un ou une graphiste,
  • la relecture par un relecteur ou une relectrice spécialisés,
  • l’intégration des corrections jusqu’au Bon à tirer intérieur.
  • la réalisation et la finalisation de la couverture.

Tu évolues sur le secteur de l’ésotérisme et de la spiritualité. Est-ce qu’il s’agit d’un secteur de cœur ou ça a plutôt été un hasard d’arriver là ? 

Je suis arrivée sur le secteur de ce qu’on appelle “le développement spirituel” par passion. Ce segment englobe les thématiques ésotériques, comme l’astrologie ou la numérologie, mais aussi des thématiques qui relèvent du développement personnel. Notre ligne éditoriale est holistique, elle accueille des ouvrages avec un supplément d’âme, abordés sous l’angle de la curiosité et aussi de l’émerveillement. 

Cela fait maintenant plus de vingt ans que je suis éditrice et auparavant, j’ai notamment travaillé au département cuisine chez Hachette, où je publiais des livres de recettes. J’ai donc évolué sur le secteur “pratique” et ce côté pratique me sert d’ailleurs encore aujourd’hui. 

Je suis passionnée depuis toujours par le sujet des anges, des synchronicités… Et je me souviens que quand je travaillais sur le secteur cuisine, il m’arrivait d’en parler en réunion éditoriale. Un jour, la directrice du département m’a dit : « Mais pourquoi tu ne publierais pas des livres dédiés à la spiritualité ? »

C’est comme ça que tout a commencé ! J’ai publié quelques livres sur le sujet, en parallèle à ceux de cuisine. Et finalement, des nourritures terrestres aux nourritures célestes, spirituelles, il n’y a eu qu’un pas. Ainsi est né ce label éditorial dédié à la spiritualité, qui s’appelle le Lotus et l’Eléphant.

Et finalement, des nourritures terrestres aux nourritures célestes, spirituelles, il n’y a eu qu’un pas. Ainsi est né ce label éditorial dédié à la spiritualité, qui s’appelle le Lotus et l’Eléphant.

📚 Le parcours de Séverine

📙 1999 : Maîtrise en littératures francophones à la Sorbonne Paris IV.

📙 2001 : DESS de Lettres Appliquées aux Techniques Editoriales et à la Rédaction Professionnelle à la Sorbonne Nouvelle Paris III.

📙 2003 – 2014 : Hachette Collections.

📙 2014 – 2017 : Guide Hachette des Vins.

📙 2017 – 2019 : Hachette Cuisine. 

📙 Depuis 2019 : Le Lotus et l’Éléphant.

C’est très beau comme début pour une marque ! Tu m’as dit que ton expertise sur le secteur pratique t’a beaucoup servi dans ton métier. Comment est-ce que tu l’utilises concrètement ?

Effectivement, ça a été très important pendant tout mon itinéraire éditorial. Le côté “recettes”, c’est quelque chose qui me sert beaucoup dans mon métier, car les ouvrages que je publie ont une visée pratique et sont très concrets. Ils donnent des outils aux lecteurs et aux lectrices pour incarner la spiritualité au quotidien. Tous ces aspects pratiques comme l’insertion d’encadrés, de quiz ou de résumés servent à structurer de façon claire et accessible les textes.

La ligne éditoriale du Lotus et l’Eléphant est de s’adresser au grand public, c’est l’ADN de Hachette, qui est de diffuser le savoir au plus grand nombre. Nous traitons la spiritualité avec plusieurs niveaux d’intensité et d’expertise, mais toujours de manière digeste, grâce à des maquettes attrayantes et des textes qui allient théorie et pratique.

📚 Le Lotus et l’Eléphant, c’est …

📙 L’ADN de la marque : diffuser des livres de développement spirituel au plus grand nombre.

📙 2019 : l’année de la création.

📙 L’équipe : 5 éditeurs.

📙 1 collection phare : Voies Positives.

📙 80 livres de poche.

📙 1 catalogue de près de 400 titres actifs.

Je reviens sur la création et le lancement de la marque Le lotus et l’Éléphant. Tu as commencé par publier quelques titres. Comment ça s’est passé ensuite ? Les ouvrages ont-ils reçu d’emblée un accueil chaleureux de la part du public ? 

Au début, j’ai publié quelques titres en spiritualité. Je me souviens du premier ouvrage, Les Mystères de la conscience, de la journaliste Miriam Gablier et dirigé par Sébastien Lilli, rédacteur en chef de la revue Inexploré.

C’était important pour moi de proposer un livre très ancré qui posait les bases concrètes d’un travail éditorial à la fois scientifique et spirituel. Ce livre est la clé de voûte de tout le catalogue développé par la suite. Il a participé à montrer la légitimité et le côté sérieux de la marque. 

La première année, j’ai publié quatre ou cinq livres, puis une vingtaine la seconde année, et le développement de la marque a été exponentiel au cours des années suivantes.

On a eu la chance de rencontrer du succès tout de suite et on est rapidement devenu deuxième éditeur du marché sur le segment spirituel. Ça s’est fait de façon très fluide.

Je pense notamment au best-seller du Lotus, Décryptez les secrets de votre thème astral, de Julie Gorse. Ce livre aborde l’astrologie de manière simple, avec une méthodologie créée par l’auteure. C’est un long-seller de la collection “Voies Positives”. 

Et donc oui, pour répondre à ta question, le succès a été immédiat. C’était à la fin de l’année 2019, juste avant le confinement, et on a senti une vraie appétence de la part des lecteurs et des lectrices pour lire des ouvrages qui répondent à leur quête de sens. Ils et elles étaient avides d’être aidé.e.s pour passer des moments-clés de leur vie. 

Couverture du premier titre paru aux éditions Le Lotus et l’Eléphant : Les mystères de la conscience, de Miriam Gablier (2019).

Les trois premiers ouvrages de Julie Gorse, dédiés à l’astrologie :

⭐​​ Décryptez vos relations grâce à l’astrologie (2025).
​⭐​ Astrologie de l’âme, co-écrit avec Christian Maillé (2021)
.
⭐​ Décryptez votre thème astral (2019).

En tant que directrice de projets éditoriaux, tu es chargée de développer le catalogue éditorial de la marque. Comment est-ce que tu fais pour trouver des auteur.e.s ? 

Au tout début, c’était vraiment à l’intuition, à l’instinct. Il se trouve que Julie Gorce est spécialiste en mémoire cellulaire et je la connaissais personnellement. Quand elle m’a expliqué sa manière d’aborder l’astrologie, je me suis dit que ça pourrait faire un super livre. A l’époque, c’est comme si les rencontres étaient orchestrées à un autre plan, parce que les choses arrivaient vraiment de manière très fluide et simple.

Au départ, j’ai publié des livres qu’on appelle “de commande”, c’est-à-dire que je me disais “Tiens, j’ai envie de publier sur tel sujet, ou je vais commander ce livre à telle personne que je viens de rencontrer…”. Il ne s’agissait donc pas de manuscrits qu’on me proposait.

Petit à petit, la marque a grandi et elle est devenue connue. Aujourd’hui, je vais notamment chercher les auteur.e.s lors des Foires du livre, celles de Londres et de Francfort. En octobre dernier, j’ai passé deux jours à Francfort pour voir s’il y avait des maisons d’édition spirituelles intéressantes afin d’acheter des ouvrages étrangers et de les traduire en France. 

Une fois qu’on a publié les premiers livres qui ont marché, on a reçu des manuscrits envoyés de façon spontanée, parfois par le biais des ami.e.s ou contacts des auteur.e.s aussi. C’est comme ça que la maison a grandi au fur et à mesure.

Le secteur du développement spirituel est aujourd’hui plus concurrentiel qu’au moment où tu as commencé. Que penses-tu de cette évolution ?

Quand on a fondé la marque, il y avait déjà des éditeurs historiques qui étaient présents sur le marché.  

Dès le début, notre angle a été original, dans le sens où l’on s’est adressé au grand public. Avec notre direction artistique, on a choisi de créer un effet de surprise par rapport à l’univers ésotérique de l’époque, dont les codes étaient plutôt sombres et un peu inquiétants. 

Nous avons misé sur l’utilisation de couleurs, la volonté de créer des couvertures lumineuses, d’utiliser du fer à dorer, des effets de fabrication habituellement utilisés pour les beaux livres… C’est comme ça qu’on est entré sur le marché. 

La couverture du livre de Marjorie Few, Petit manuel de cartomancie.

La couverture de ce livre illustre bien l’univers graphique des éditions : des teintes lumineuses, douces, apaisantes, qui rassurent et donnent envie de découvrir de nouveaux horizons.

Petit à petit, on a vu d’autres maisons d’édition généralistes arriver sur ce segment. Notre force est que nous avons pensé notre catalogue de parutions pour durer, avec des livres de fond. On a eu une longueur d’avance par rapport à la concurrence, même si maintenant, c’est vrai que de nombreux éditeurs généralistes publient aussi et font des très belles choses. 

A la différence de certaines maisons, toutes nos forces vives sont dédiées à ce segment, car il ne s’agit pas d’une partie de notre catalogue mais bien de la totalité. 

Et comment tu te positionnes par rapport aux réseaux sociaux, qui ont pris beaucoup d’ampleur au fil des années. Qu’en penses-tu ?

Au tout début de la marque, les réseaux étaient là, mais pas aussi présents. La preuve en est que pour les best-sellers dont je t’ai parlé tout à l’heure, les auteures n’avaient aucun réseau ni communauté. C’est la force du concept des livres qui a fonctionné et fédéré les lecteurs et les lectrices. 

Après, c’est vrai que les réseaux donnent un avantage certain, grâce à la communication faite par l’auteur.e sur ses propres chaînes de communication. Ça apporte une visibilité auprès de sa communauté qui est déjà acquise et cela renforce la sortie d’un ouvrage.

Mais malgré une belle communauté, un bon réseau, un abonné n’est pas égal à un lecteur ! Ce n’est pas une équation scientifique certaine que de choisir un.e auteur.e avec du réseau, rien ne garantit que ça fonctionnera derrière. 

Je pense qu’il faut continuer, bien sûr, à être en veille sur tous les médias, qui permettent également de faire une veille sur les appétences, sur les sujets qui plaisent au public. Donc après, ça reste un endroit de veille, mais ce n’est pas le seul endroit pour trouver des sujets et des auteur.e.s.

Malgré une belle communauté, un bon réseau, un abonné n’est pas égal à un lecteur !

Est-ce que, pour toi, être directrice de projets éditoriaux, c’est aussi trouver ton inspiration en dehors du travail ?

C’est la question que j’adore, parce que je trouve qu’on est éditeur ou éditrice 24h sur 24, en fait ! C’est un métier-passion, qui occupe tes pensées tout le temps, même le soir quand tu es assise sur ton canapé à regarder une vidéo YouTube ! Si le sujet te plaît, c’est potentiellement un livre à faire là-dessus. 

Et dans un dîner en ville, quand on parle d’une tendance ou d’une nouvelle méthode holistique, forcément, tu te dis “Est-ce que ça a déjà été fait ? Est-ce qu’il y a un potentiel ?” Donc, éditeur ou éditrice, c’est vraiment un métier qui ne se fait pas seulement sur les heures de bureau.

📚 Le choix du nom “Le lotus et l’Eléphant”

Le nom de la marque “Lotus et l’Eléphant” s’est comme imposé à nous, de manière un peu magique en fait.

Le lotus, c’est la fleur qui plonge ses racines au fond de l’eau pour aller braver la boue et éclore au grand air. C’est une métaphore de la transformation. Et l’éléphant, c’est le porteur de sagesse, de mémoire solide, il est ancré. Cette marque fait le lien entre le monde végétal et animal.

Les déclinaisons du logo Le Lotus et l’Eléphant

La marque Le Lotus et l’Eléphant fait le lien entre le monde végétal et animal.

Et qu’est-ce que tu préfères dans tes missions? Qu’est-ce qui te porte ? 

Le sel de mon métier, c’est vraiment le côté chercheuse d’or, c’est-à-dire la partie exploratoire où je vais chercher un.e auteur.e. J’adore ces prémices, c’est comme planter une petite graine. C’est être entre l’invisible et le visible, c’est-à-dire être entre l’idée et la concrétisation, donc vraiment tout au début. 

Quand on a l’idée, ou quand on rencontre l’auteur.e au début et qu’on explore ensemble ce que le livre pourrait aborder. S’instaure alors un lien quasiment psychanalytique avec l’auteur.e. 

Certain.e.s viennent avec des projets précis, mais il y a aussi celles et ceux qui aimeraient écrire mais n’ont pas encore forcément l’angle. Je trouve ça intéressant d’aller tirer avec elles et eux quelques fils. 

Et quand j’imagine un livre, j’imagine une thématique, un sujet, la façon dont le livre va être organisé. Mais j’imagine aussi comment il sera physiquement. Est-ce que ce sera un livre en noir ou illustré ? Est-ce qu’il aura une couverture souple ou rigide ? Est-ce que ce sera un oracle avec des illustrations et peu de texte ? Est-ce qu’on utilisera du fer à dorer ? C’est cette projection-là, alors que ce n’est pas encore matérialisé, qui m’enthousiasme. 

Le sel de mon métier, c’est vraiment le côté chercheuse d’or, c’est-à-dire la partie exploratoire où je vais chercher un.e auteur.e. J’adore ces prémices, c’est comme planter une petite graine.

Ce qui te plaît, c’est d’être vraiment à la genèse du projet, d’assister à son état embryonnaire… 

Exactement, c’est vraiment le début. Quand tu parles d’embryon, ça me rappelle une auteure qui m’avait dit “tu es comme une sage-femme”, à la fois parce qu’il y a la sagesse inhérente au milieu spirituel, mais aussi parce que je suis là pour accompagner l’auteur.e dans toutes les étapes de la conception de son livre. 

Donc, être éditeur, c’est comme être une sage-femme, puis une doula : on prend soin du livre avant qu’il ne sorte dans le vaste monde, en librairie.  

Etre éditeur, c’est comme être une sage-femme, puis une doula : on prend soin du livre avant qu’il ne sorte dans le vaste monde, en librairie.

📚 Les deux sujets de prédilection de Séverine

📙 J’aime beaucoup le tarot et je suis une grande fan du Rider-Waite-Smith. C’est un bijou parce qu’on y vient, on y revient et on découvre toujours des choses nouvelles. C’est sans fin et j’adore ça.

Le tarot est vraiment mon dada personnel et je viens justement de recevoir un manuscrit que je trouve super et qui a une approche unique sur ce sujet ! Je me régale.

📙 J’ai également une passion pour l’astrologie. Et d’ailleurs, avec toute l’équipe éditoriale, on est à fond ! C’est un outil de décryptage fabuleux, inépuisable comme le tarot. 

Deux coups de coeur de Séverine dédiés à l’astrologie et au tarot :

⭐​​ The Wandering Star Tarot, Cat Pierce (2022).
⭐​​ Astro pratique, Laurence Luminastro (2024).

Quand je parle du métier d’éditeur ou d’éditrice, on me demande souvent ce qu’est une journée-type. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur ton quotidien 

Je commence toujours ma journée en consultant mes mails et tout au long de la journée, je vérifie s’il y a des mails urgents à traiter. La messagerie est vraiment mon outil principal.

Chaque jour, je travaille en étroite collaboration avec l’équipe éditoriale. Nous sommes cinq en tout, je travaille avec trois éditeurs et éditrices, ainsi qu’une apprentie.

Nous établissons un programme éditorial avec un nombre de titres définis à l’année et nous avons chacun et chacune des ouvrages à produire. On partage nos problématiques, par exemple sur le titre d’un livre, un choix d’illustration ou autres.

C’est précieux de pouvoir recueillir les avis des uns et des autres, car une fois sur les tables en librairie, le livre devra toucher de nombreuses personnes différentes. Il est donc important qu’en interne, on se pose les bonnes questions ensemble, afin que l’ouvrage reflète aussi les envies de plusieurs personnes. Donc on se donne beaucoup de conseils entre nous, c’est vraiment un travail collaboratif. 

Et avec quels intervenant.e.s internes et externes travaillez-vous au quotidien ?

En interne, nous sommes en lien avec ce qu’on appelle “les fonctions support”, notamment :

  • le contrôle de gestion, avec lequel on réalise nos comptes d’exploitation pour bien respecter les budgets,
  • le service marketing, qui s’occupe de la phase de diffusion et distribution des ouvrages en librairie notamment,
  • le marketing digital, qui gère notre site Internet et notre compte Instagram,
  • la directrice artistique, qui réalise nos projets de couverture et qui suit le respect de la charte graphique.
  • notre fabricante, c’est-à-dire la personne à qui l’on envoie les fichiers finalisés et qui s’occupe de toute la phase d’impression.

En externe, nous collaborons avec plusieurs personnes :

  • des préparateurs et préparatrices de copie. Ces professionnel.le.s relisent le manuscrit, corrigent l’orthographe, la typographie, posent des questions sur le manuscrit et proposent des reformulations, 
  • des compositeurs et compositrices ou graphistes, qui mettent en page nos ouvrages. Ces personnes créent des principes de maquettes, car pour chaque ouvrage hors collection, on peut avoir des maquettes différentes en fonction du contenu, 
  • des relecteurs-correcteurs et relectrices-correctrices, qui relisent les épreuves du livre, vérifient la mise en page, que les légendes sont bien intégrées sous les images adéquates, qu’il ne manque pas un bout de texte et qui traquent les dernières coquilles,
  • les illustrateurs et illustratrices,
  • notre attachée de presse, Martine, qui assure la promotion des ouvrages du catalogue du Lotus.

🌼​ Pour en savoir plus sur le métier de graphiste, vous pouvez lire ici l’interview de Jennifer Simboiselle, graphiste et maquettiste.

On me demande aussi souvent quelles sont les qualités requises pour être éditeur ou éditrice ? 

A mon sens, il faut être très curieux.se parce que les sujets sont variés et il y a différentes manières de les aborder. Il faut également avoir l’envie de transmettre, car nos ouvrages vont aider les lecteurs et les lectrices dans leur quotidien.

La créativité aussi est importante, parce qu’un livre doit impacter, être original. Il convient de toujours rester en veille sur la créativité, le sens de l’esthétisme, l’équilibre entre textes et images. 

Et pour ce qui est de la partie relationnelle, un éditeur ou une éditrice est un messager, une messagère. Il ou elle doit savoir écouter l’auteur.e et l’aider à mettre en forme son œuvre. Être dans une posture d’écoute et d’accueil est essentiel.

Je pense également qu’il faut faire preuve de courage, parce qu’on doit défendre nos projets. C’est-à-dire qu’une fois qu’on a un projet, il faut savoir en parler. Tout d’abord en interne, pour qu’il soit accepté, et ensuite auprès des forces commerciales.

Enfin, il faut aussi avoir un sens de la pédagogie, être didactique pour savoir persuader, convaincre. On doit être motivé et sûr de ses choix. C’est en gardant sa ligne de conduite fine que le projet pourra passer sans encombre toutes les étapes de réalisation et devenir un livre imprimé.

Je reviens sur la relation avec les auteur.e.s. Comment est-ce que ça se passe, en général ? Ils ou elles sont plutôt ouvert.e.s à vos suggestions ?

Au Lotus et l’Éléphant, on a une approche tout en douceur et on a la chance d’attirer des auteur.e.s qui ont l’envie de transmettre leurs connaissances avec bienveillance. Donc, ça se passe plutôt bien, ils et elles ont confiance en la maison. 

Par souci de clarté, quand il y a quelque chose à retravailler sur un projet, il faut savoir pourquoi on le fait et dans quel but. Donc, c’est pour ça que je te disais qu’il faut être pédagogue. L’idée, c’est aussi de savoir que pour écrire le livre, l’auteur.e est tout.e seul.e, mais après, s’ouvre une phase de collaboration. 

L’auteur.e doit être aussi prêt.e à un moment donné à lâcher son bébé et à le confier à d’autres personnes. C’est un travail de mise en confiance et une expertise que nous avons depuis plusieurs années et qui rendent la création la plus fluide possible.

C’est un travail de mise en confiance et une expertise que nous avons depuis plusieurs années et qui rendent la création la plus fluide possible.

Tu parles d’expertise éditoriale et la question qui me vient concerne l’auto-édition, qui s’est beaucoup développée dernièrement. Est-ce certain.e.s auteur.e.s avec lequel.le.s tu es en contact préfèrent choisir l’auto-édition ?

Oui, l’auto-édition s’est beaucoup développée ces dernières années et je sais qu’il existe différentes formes d’accès à la publication.

J’ai échangé avec plusieurs auteur.e.s qui ont auto-publié. J’ai observé que tous et toutes, à un moment donné, veulent passer un cap. 

Travailler avec une maison d’édition, c’est aussi donner une plus grande ampleur et diffusion à son ouvrage. Je connais aussi certain.e.s auteur.e.s qui sont fatigué.e.s d’assurer l’envoi de leur livre par voie postale. On ne se rend pas compte, mais envoyer des milliers d’exemplaires, c’est fastidieux et ça requiert une logistique. Une maison d’édition, elle, s’occupe de tout. 

Et bien sûr, concernant la partie éditoriale, l’éditeur ou l’éditrice est là pour aider l’auteur.e à aller plus loin que là où il ou elle serait aller tout.e seul.e. Donc, j’ai vu plusieurs auteur.e.s qui avaient auto-édité et qui souhaitaient ensuite être publié.e.s en maison d’édition.

Je pense que travailler avec une maison d’édition, c’est aussi donner une plus grande ampleur et diffusion à son ouvrage.

📚 L’arrivée d’un nouveau-né imprimé 

A chaque fois qu’un livre sort de l’imprimerie et que notre fabricante vient le déposer dans notre bureau, on se réunit autour du berceau pour le regarder et l’accueillir ! On est tous et toutes béats et on se dit qu’il est beau.  

Pour tous les livres qu’on publie, on met du cœur à l’ouvrage et quand on les voit arriver, on est très content. 

Une vue de la bibliothèque qui rassemble les parutions du Lotus et l’Eléphant

Je te sens passionnée par ton métier et je me demande si tu as toujours voulu faire ce métier ?

Quand j’étais toute petite (je devais avoir 8 ans), je me revois chez un libraire avec ma sœur. J’ai regardé la quatrième de couverture d’un livre (je ne savais évidemment pas comment ça s’appelait à l’époque !) et j’ai dit “Je veux faire le métier de la personne qui écrit ça !”.

J’ai toujours voulu travailler dans les livres. D’ailleurs, mes parents m’ont dit que quand ils allaient chez des amis le soir, je prenais toujours un livre avec moi et qu’en partant, à demi-endormie, je demandais si mon livre était bien là. Tu vois, ma passion pour les livres existe depuis toujours !

Peux-tu m’en dire plus sur les comités éditoriaux, qui sont l’un des temps forts de la vie d’un livre ?

Oui, ce qui est hyper intéressant dans les comités éditoriaux, c’est qu’on se réunit tous et toutes une fois par mois. C’est le moment où toutes les fonctions support en interne se rassemblent. 

On fait le point sur le programme en cours, à venir et aussi sur celui qui est passé. 

On se prépare bien en amont, car c’est vraiment comme un grand oral. C’est le moment où l’on parle des projets à venir et où tout ce qui a été élaboré dans la cellule éditoriale est dévoilé. Qu’est-ce que l’équipe va en penser ? Comment les projets vont-ils être accueillis ? 

C’est un moment important au cours duquel on débat beaucoup ! 

📚 Les délais de production d’un livre

Grosso modo, il faut compter environ dix-huit mois entre l’idée d’un livre et sa mise sur le marché.

Il s’agit là d’une estimation moyenne, car cela dépend du planning éditorial, du délai d’écriture laissé à l’auteur.e et des délais de fabrication qui sont différents selon le pays d’impression des ouvrages. Tout dépend donc de la typologie des projets.

Pour finir, quels sont les grands temps forts d’une année quand on est directrice de projets éditoriaux ?

L’année est ponctuée par des grands événements internationaux, ainsi que par des réunions en interne.

Pour résumer, je pense aux :

  • Deux Foires internationales. On en parlait tout à l’heure, il s’agit de la Foire de Londres et de Francfort. Ce sont vraiment des moments magiques !
  • Cinq réunions commerciales annuelles, pour présenter notre catalogue de parution à l’équipe commerciale, en vue de la mise en place de nos ouvrages en librairie.
  • Des réunions mensuelles des comités éditoriaux dont on a parlé tout à l’heure.  

L’avantage du segment spirituel, c’est qu’il n’y a pas vraiment de saisonnalité. C’est un roulement tout au long de l’année, à la différence d’autres secteurs plus saisonniers.

Il y a parfois un petit pic au mois d’avril parce qu’à ce moment-là, on boucle toutes nos publications de fin d’année. En général, c’est le moment de l’année où l’on propose au public des ouvrages, avec un effet un peu plus “waouh !” pour fournir les tables de fin d’année. 

Finalement, le métier d’éditeur ou d’éditrice, c’est un flux perpétuel et quand on termine une année, en fait, on a déjà commencé la suivante. Donc, tout s’enchaîne tout le temps !

Quatre ouvrages parus en fin d’année 2024 :

​⭐​ Beauté holistique, de Shiva Rose.
​⭐​ ​Le grand livre des pierres et cristaux, de Mily Robin.
​⭐​ Tarot et Oracle, le journal de mes traces, de Selena Moon.
​⭐​ All Good Things, de Stephen Ellcock.

Un soin particulier est apporté aux couvertures et à la fabrication des ces ouvrages, pour les rendre uniques et précieux.

L’avantage du segment spirituel, c’est qu’il n’y a pas vraiment de saisonnalité. C’est un roulement tout au long de l’année, à la différence d’autres secteurs plus saisonniers.

Merci à toi pour ce tour d’horizon de ton métier, qui donne un bon aperçu de tes missions et de ton quotidien. Est-ce que tu souhaites partager autre chose ?

Oui, nous n’avons pas parlé du département spécialisé dans la vente de nos ouvrages à l’étranger. Ce service dédié à la cession de droits s’occupe de céder les droits d’exploitation de nos livres à l’étranger, sur des territoires comme l’Australie, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie ou l’Amérique du Sud.

Nos ouvrages voyagent et c’est vraiment chouette de voir arriver l’exemplaire d’un de nos oracles paru en Italie, par exemple !

Le projet que tu as imaginé avec ton auteur se retrouve non plus seulement en France, mais aussi dans d’autres territoires étrangers. C’est émouvant et c’est comme une consécration. 

Le projet que tu as imaginé avec ton auteur.e se retrouve non plus seulement en France, mais aussi dans d’autres territoires étrangers. C’est émouvant et c’est comme une consécration.

A gauche, la couverture de la version originale de La Ronde de Sélène et Gaïa, de Victoria Ruiz y Lopez et Bérengère Demoncy. A droite, vous pouvez voir la traduction de ce titre en langue anglaise, avec l’adaptation du visuel de couverture. Une belle reconnaissance pour cette création française !

💌​ Retrouvez tous les ouvrages des éditions Le Lotus et l’Eléphant sur ce lien !

Enregistrez cet article sur Pinterest pour le retrouver plus tard. 📌

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je suis Sandrine,
conseillère éditoriale.
J'aide les auteur.e.s
à écrire leur manuscrit
et à publier leur livre.

Travaillons ensemble

+33 07 68 85 41 79

TÉLÉPHONE

sandrine@conseil-editorial.fr

email

contenu garanti sans INTELLIGENCE ARTIFICIELLE